ICON, le modèle du service météo allemand
L'avis d'un autre centre, de plus en plus fin vers les mers allemandes : ICON donne trois routes, du globe entier jusqu'à 2 km.
Deux prévisions d'accord ne partagent parfois que la même erreur. Quand GFS et ECMWF font tous deux passer un front mardi, un chef de bord se demande encore si un modèle construit autrement le verrait aussi. Et entre les îles danoises ou en Baltique, où détroits et pointes façonnent le vent mille après mille, les grilles globales ne voient guère plus que le large.
ICON, le modèle du service météo allemand, le DWD, est construit autrement : sa propre grille de triangles, sa propre physique, sa propre image de la météo au départ. Saily WR le lit comme trois modèles, chacun avec sa route : l'ICON global, ICON-EU sur l'Europe à environ 6,5 km, et ICON-D2 à environ 2 km sur l'Allemagne et ses mers, assez fin pour calculer lui-même averses et orages.
L'ICON global couvre toutes les mers, jusqu'à sept jours et demi pour ses runs de minuit et de midi, cinq pour les autres. ICON-EU s'étend de Madère au nord de la Norvège et à la mer Noire, jusqu'à cinq jours pour ses runs principaux, deux pour ceux d'entre-deux, mais s'arrête avant les Açores et les Canaries. ICON-D2, à deux jours, couvre l'est de la Manche à partir de Cherbourg, la mer du Nord jusqu'au Firth of Forth et au sud du Skagerrak, le Kattegat et les détroits danois, le sud de la Baltique jusqu'à Gotland, et le nord de l'Adriatique, de Venise à Zadar et Ancône.

De Kiel à Copenhague, un jour et une nuit entre les îles danoises, le vent tourne à chaque détroit. ICON-D2 dessine son accélération dans les Belts et la brise de mer le long des côtes, que les modèles globaux effacent : entre les îles, c'est sa route qu'il faut peser d'abord. À côté, l'ICON global apporte sur la grande échelle un avis qui ne doit rien au modèle américain ni au modèle européen : quand tous s'accordent, la prévision repose sur un terrain solide.
ICON-D2 ne voit qu'à deux jours, et ne donne une route que si les deux bouts du trajet sont dans sa zone ; au-delà, ICON-EU et l'ICON global prennent le relais. Le modèle global, lu sur une grille au quart de degré, ne voit aucun détail de la côte. Et la route navigue dans le vent moyen d'ICON, pas dans ses rafales : sous une averse, ICON-D2 calcule le grain, mais pas exactement où ni quand il frappera.
Sources
- ICON (Icosahedral Nonhydrostatic) Model, Deutscher Wetterdienst
- Open Data Server, Deutscher Wetterdienst