ECMWF, la prévision du Centre européen

À plusieurs jours, quelle prévision place bien les dépressions et les fronts ? Le modèle de l'ECMWF, référence des prévisionnistes, a désormais sa route.

À trois jours, une navigation se décide sur la grande échelle : quand passe le front, où se creuse la dépression, jusqu'où s'étend l'anticyclone. Qu'on se trompe, et la plus fine des routes file droit dans le coup de vent qu'elle voulait éviter. C'est là que les prévisions divergent le plus, et là qu'un marin a le plus besoin de celle à laquelle se fient les prévisionnistes.

Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, l'ECMWF, que financent ensemble plus de vingt États européens, fait tourner le modèle que les prévisionnistes consultent d'abord pour les jours à venir. Saily WR le lit quatre fois par jour sur sa grille ouverte la plus fine, au dixième de degré, environ 11 km, et lui donne une route sur toute navigation, à côté de celle de GFS.

Il prévoit le monde entier, toutes les trois heures sur six jours, puis toutes les six heures jusqu'à quinze jours pour ses runs de minuit et de midi ; ceux du petit matin et du soir s'arrêtent à six jours. Sa force, c'est la moyenne échéance : la position et le creusement des dépressions, l'étendue d'un anticyclone, l'heure de passage d'un front plusieurs jours à l'avance.

Disons que vous attendez à Falmouth une fenêtre pour traverser le golfe de Gascogne vers Bayona. GFS fait passer une dépression sur le golfe le troisième jour, ECMWF un jour plus tard et plus au nord, et leurs routes se séparent : l'une dit de partir ce soir, l'autre que demain suffit. Là où elles s'accordent, la fenêtre est réelle ; là où elles divergent, un chef de bord prudent se règle sur la moins indulgente des deux, ou attend le run suivant.

Aussi fin soit-il pour un modèle global, ECMWF ne fait qu'esquisser ce que la côte fait au vent : une brise de mer, l'accélération au large d'un cap, le vent canalisé entre deux îles. Le Centre européen prévient lui-même qu'il sous-estime les plus fortes rafales sous les grains et juste au large, sous le vent de la terre, ainsi que le vent maximal des cyclones tropicaux, pour lesquels les bulletins des centres d'alerte passent d'abord. Au-delà d'une semaine, sa route, comme toute autre, dit une tendance plus qu'une trajectoire.

Sources

  1. Open data, ECMWF
  2. Known IFS forecasting issues, ECMWF

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