Plusieurs modèles météo, une route chacun
Aucune prévision n'a raison à tous les coups : ECMWF, ARPEGE, AROME et ICON rejoignent GFS, et un calcul donne une route par modèle à comparer.
Aucune prévision n'a raison à tous les coups. Un modèle voit la brise s'établir en fin de journée, un autre vous laisse encalminé au large du cap jusqu'au matin, et une route calculée sur un seul vous cache ce doute.
Saily WR lit désormais quatre modèles de plus à côté de GFS : ECMWF du Centre européen, ARPEGE et AROME de Météo-France, et ICON du service météo allemand, et un seul calcul donne une route par modèle couvrant à la fois le départ et l'arrivée. Là où les routes se superposent, la prévision est solide ; là où elles divergent, la météo est incertaine, et c'est à vous de peser le choix.

Tous les modèles ne couvrent pas toutes les navigations. Les modèles globaux donnent une route partout dans le monde, chacun avec sa portée, d'environ quatre jours à plus de deux semaines. Les modèles régionaux, comme AROME autour de la France, ne les rejoignent que sur leur zone, plus fins et plus près des côtes, mais sur quelques jours au plus.
Prenez une journée d'été, de Marseille à Porquerolles. Les routes se séparent : quelques-unes serrent davantage la côte, d'autres partent bien au large. Laquelle suivre ? Près de terre et dans les premiers jours, un modèle régional fin voit la brise de mer et les effets de côte qu'un modèle global efface : sur un saut de côte comme celui-ci, c'est sa route qu'il faut peser d'abord. Sur une navigation plus longue, il se tait au bout de quelques jours, et c'est l'accord des modèles globaux qui compte.
Plus on va loin, moins il reste de routes. Un modèle régional ne donne de route que si le départ et l'arrivée sont tous deux dans sa zone, et chaque modèle ne voit qu'à une certaine distance dans le temps : passé les quatre jours d'ARPEGE, les routes se raréfient, et sur une traversée océanique de plus de huit jours, seuls GFS et ECMWF atteignent peut-être encore l'arrivée. Là où il reste plusieurs routes, leur écart dit à quel point la prévision est sûre ; là où il n'en reste qu'une, plus rien ne le dit.
Sources
- Ensemble forecasting, Met Office
- Les modèles de prévision météo, Météo-France