Trait de côte OpenStreetMap

Le trait de côte du monde tracé par les bénévoles d'OpenStreetMap, assemblé chaque jour en polygones de terre : la ligne qu'évitent les routes.

En ce moment dans Saily WR

Modèle Type État Run Rythme Résolution Horizon
MondeOSMTrait de côteÀ jour19/10/2026—≈ 10 m—

D'un tour à vélo de Regent's Park à un trait de côte mondial

OpenStreetMap a été fondé en 2004 par Steve Coast, alors étudiant à l'University College London, avec l'idée d'une carte libre du monde que chacun pourrait modifier. La première rue y est entrée le 10 décembre 2004, après qu'il eut fait le tour de Regent's Park, à Londres, à vélo avec un récepteur GPS. La Fondation OpenStreetMap, l'association à but non lucratif qui détient la base et fait tourner ses serveurs, a été créée le 22 août 2006.

La cartographie a décollé avec l'imagerie : à partir de décembre 2006, les bénévoles ont pu tracer sur les photographies aériennes de Yahoo, puis à partir de novembre 2010 sur celles de Bing, si bien qu'un GPS n'était plus nécessaire pour contribuer. Les données sont passées sous Open Database License (ODbL) le 12 septembre 2012, et le projet a dépassé les 10 millions d'inscrits le 19 janvier 2023.

Le trait de côte est venu tôt, et en bloc. À partir d'août 2006, un script a importé le Prototype Global Shoreline (PGS), un trait de côte extrait automatiquement d'images satellite Landsat du domaine public, d'abord morceau par morceau, puis sur presque toute la planète. Il donnait un contour grossier de chaque continent et de chaque île, avec des trous comblés à la main et un aspect en dents de scie que les bénévoles remplacent depuis, côte après côte, par des tracés plus fins.

Transformer ces lignes en terres utilisables par un ordinateur est le travail d'OSMCoastline, un programme écrit par Jochen Topf. Son résultat a longtemps été publié sur openstreetmapdata.com, fermé en juin 2019 ; il est aujourd'hui servi par osmdata.openstreetmap.de, que gère l'association allemande FOSSGIS.

Ce que la ligne signifie et comment elle est tracée

Dans OpenStreetMap, le trait de côte est un ensemble de lignes (« ways ») étiquetées natural=coastline qui marquent la ligne des pleines mers moyennes de vives-eaux, la plus haute ligne qu'atteint la mer en conditions normales. Il ne sert ni pour les lacs ni pour les rivières, cartographiés comme des surfaces d'eau ; la Caspienne est la seule mer intérieure à le porter. Les baies et les étendues d'eau salée soumises à la marée et reliées à la mer comptent comme mer, et un grand fleuve est fermé par un trait de côte tiré en travers de son embouchure, l'emplacement exact de cette jonction étant laissé aux contributeurs locaux.

Le sens de chaque ligne porte une information : en la parcourant, la terre est à gauche et l'eau à droite, si bien qu'une île est tracée dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Les lignes doivent se raccorder bout à bout, sans se croiser, en un anneau continu autour de chaque continent et de chaque île. Ce qui découvre entre la haute et la basse mer est étiqueté à part, comme sable, vase, roche nue ou estran, les mangroves comme wetland=mangrove, et les zones toujours immergées mais proches de la surface comme natural=reef : aucune ne fait partie du trait de côte.

Aucun instrument unique ne se cache derrière la ligne. La plupart des rivages ont commencé comme l'import PGS ou des imports de données officielles, puis ont été affinés par des bénévoles qui tracent sur l'imagerie aérienne et satellite, marchent ou naviguent avec un GPS, ou reprennent des données nationales dont la licence le permet, comme les lignes ouvertes de haute et basse mer de l'Ordnance Survey au Royaume-Uni. Le wiki du projet prévient que l'imagerie peut être décalée de quelques centaines de mètres, d'où la vérification des tracés sur des traces GPS.

Des lignes aux polygones de terre, chaque jour

OSMCoastline lit toute la base OpenStreetMap, rassemble chaque ligne de côte et les raccorde en anneaux fermés, en comblant au passage les petits trous. Il construit ensuite des polygones à partir de ces anneaux, avec des trous là où la terre enferme de l'eau, et découpe les plus grands en morceaux d'au plus un certain nombre de points (1 000 par défaut) qui se chevauchent très légèrement pour que rien ne se voie aux jointures. Les erreurs qu'il ne peut pas corriger, comme des anneaux restés ouverts ou des lignes qui se croisent, sont signalées dans la vue « Coastline » de l'OSM Inspector de Geofabrik, où tout contributeur peut les réparer.

Le traitement tourne une fois par jour sur les données les plus récentes. Comme une seule ligne cassée ou inversée peut changer un continent en mer, chaque nouveau résultat est d'abord comparé à celui de la veille, à l'origine en dessinant les terres dans une image de 2048 sur 1024 et en comparant les deux images bit à bit. Si l'écart est trop grand, les nouveaux fichiers ne sont pas publiés, les précédents restent en ligne, et une personne doit examiner le changement et décider s'il est réel.

osmdata.openstreetmap.de propose le résultat en polygones de terre, en leur inverse, les polygones d'eau, et en trait de côte proprement dit, en coordonnées géographiques (WGS84) ou en Web Mercator, entiers ou découpés en petits morceaux qui se chevauchent. Dérivés d'OpenStreetMap, ces fichiers sont sous ODbL comme la base elle-même : chacun peut les utiliser, à condition de créditer la source par « © les contributeurs d'OpenStreetMap » et de laisser sous la même licence les travaux bâtis sur les données elles-mêmes.

En mer : une ligne fine, pas une carte marine

Là où les contributeurs sont nombreux, autour des ports, des marinas et des côtes fréquentées, la ligne suit souvent quais, digues et plages à quelques mètres près. Sur les côtes isolées, ce peut être encore l'ancien contour PGS, en dents de scie, qui peut s'écarter bien davantage, et une nouvelle digue ou un chenal dragué n'apparaît qu'une fois que quelqu'un l'a cartographié. Sa précision n'est donc pas un chiffre unique : elle change d'une baie à l'autre.

Par définition, la ligne est celle des pleines mers de vives-eaux : à marée basse, une bande de sable, de vase ou de roche découvre du côté du large, large sur les côtes plates à fort marnage. Récifs, hauts-fonds, roches à fleur d'eau et dangers isolés ne sont pas de la terre dans les polygones, sauf si quelqu'un les a tracés comme îlot, et la lisière d'une mangrove est difficile à suivre sur l'imagerie. Une route qui évite les polygones peut donc encore traverser un récif ou un banc découvrant.

Le trait de côte ne dit rien de la profondeur, du balisage, des dispositifs de séparation du trafic ni des zones réglementées. C'est un bon guide pour préparer une traversée, jamais un substitut aux cartes marines officielles et aux avis aux navigateurs des services hydrographiques, qui restent la seule référence pour la navigation.

Dans Saily WR

Saily WR utilise le trait de côte OpenStreetMap traité, les polygones de terre d'osmdata.openstreetmap.de, dans leur édition du 19 octobre 2026, simplifiés à une précision d'environ 10 m. C'est la ligne que chaque route évite, quel que soit le modèle de vent dans lequel elle est naviguée, si bien que les routes comparées côte à côte respectent toutes les mêmes terres.

Autour de cette ligne, la route garde une marge de sécurité que vous réglez. Choisissez-la plus large que l'incertitude de la côte où vous naviguez et de l'estran qui découvre au-delà des pleines mers : davantage sur une côte isolée ou bordée de récifs que dans l'approche bien cartographiée d'un port.

Le trait de côte ne fait que tenir le bateau à l'écart des terres. Si vous demandez aussi une profondeur minimale, la profondeur vient d'EMODnet là où il couvre et de GEBCO ailleurs, chacun décrit sur sa propre page.

Sources

  1. History of OpenStreetMap, OpenStreetMap Wiki (2026)
  2. natural=coastline, OpenStreetMap Wiki (2025)
  3. Coastline, OpenStreetMap Wiki (2025)
  4. Prototype Global Shoreline, OpenStreetMap Wiki (2026)
  5. Land polygons, osmdata.openstreetmap.de, FOSSGIS (2026)
  6. Coastline processing, osmdata.openstreetmap.de, FOSSGIS (2026)
  7. OSMCoastline, Jochen Topf, osmcode (2026)
  8. Preventing the flooding of the planet, Jochen Topf (2013)
  9. Copyright and License, OpenStreetMap Foundation (2026)

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